La salle de la fontaine : l’eau descend sur la dalle à chevrons du salsabil, et un jeune homme lit à côté
Les armoiries d’Al-Mithaq : la salle de la fontaine de la Zisa entre un palmier et un olivier

الميثاق

Al-Mithaq

La charte commune de deux maisons de métiers d’art

Le Riad Al-Uns à Fès et Al-Funduq as-Siqilli, dans la province de Raguse, sont deux maisons résidentielles de métiers d’art fondées sur le même règlement, le niẓām ad-dār, que les membres souscrivent à l’entrée et qui régit le travail, la vie commune, l’apprentissage et l’arbitrage interne. Elles emploient la même série d’enseignes, et qui a vécu dans l’une reconnaît l’autre. Ce qui change est l’échelle : une maison à patio dans la médina, une masseria de vingt-trois hectares dans un territoire.

Les armoiries du Riad Al-Uns

La maison de Fès

Riad Al-Uns

رياض الأنس

Ce que c’est
Une maison à patio dans la médina, avec des maîtres résidents en calligraphie, zellige, plâtre, tissage et bois, et leurs apprentis sous un règlement unique.
À Fès, dans la médina, où les métiers de la main ne se sont jamais interrompus.
État
Le règlement est écrit et les textes juridiques sont à l’état de projet. L’immeuble dans la médina n’est pas encore trouvé : la recherche est en cours avec des architectes de Fès.
Les armoiries d’Al-Funduq as-Siqilli

La maison de Sicile

Al-Funduq as-Siqilli

الفندق الصقلي

Ce que c’est
Une masseria de vingt-trois hectares, restaurée en maison de métiers d’art : douze apprentis, deux maîtres, un atelier de haute sellerie en cuir, bois et métal.
Province de Raguse, sur le plateau des Iblei. Les maîtres viennent de Fès ; les apprentis, de la population nord-africaine de la province et d’Europe.
État
Phase 0 en cours : option sur l’immeuble et restauration chiffrée. L’association Il Fondaco Siciliano est constituée.

La maison à côté de la maison

Al-Munya

المُنية

Al-Munya est l’hôtellerie : à côté de chaque maison, en un corps séparé, avec sa propre entrée. Dedans, deux déclinaisons. Dar al-Bidaya (« maison du commencement ») tient l’hospitalité gratuite du Riad ; Dar al-Diyafa (دار الضيوف, « maison des hôtes ») tient l’hospitalité payante de la Nudama. La société de la Munya verse au Riad une redevance annuelle, quels que soient les profits. An-Nudama est le majlis des quatre-vingt-dix-neuf fondateurs, avec une caisse propre qui finance le Riad ; il n’a pas voix dans les délibérations. Cette structure est identique à Fès (Riad Al-Uns) et en Sicile (Al-Funduq as-Siqilli).

AL-MUNYA hôtellerie Dar al-Bidaya hospitalité du Riad Dar al-Diyafa hospitalité de la Nudama

Deux maisons, un règlement

En quoi elles se répondent

L’espace

Au Riad le patio : des murs de chaux, aucune fenêtre sur la rue, les bassins où l’eau circule et la masse maçonnée qui tient la fraîcheur. Au Funduq la cour de la masseria en pierre claire, le porche et les vingt-trois hectares d’oliviers, d’amandiers et de terres labourables. Le même règlement de l’eau et de la masse, à deux échelles différentes.

Le travail

Au Riad les métiers de la main de Fès, avec des maîtres qui travaillent dans la maison où ils vivent. Au Funduq un seul atelier à l’ouverture, la haute sellerie, dont le travail sort sur commande ; la calligraphie et le livre viennent en second. Dans les deux, les disciplines du corps avec des instructeurs qualifiés, sans armes et sans grades, et le même lin écru pour tous, maîtres compris.

L’ordre

Le même règlement, avec le conseil, le majlis al-umanāʾ, et le collège arbitral, la hayʾat at-taḥkīm. Au Funduq il tient séparés quatre sujets, la Maison, la conduite agricole, l’hôtellerie et les soutiens, afin qu’aucun ne puisse disposer des autres et que les murs restent affectés à leur destination.