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AL-MUNYĀ · AN-NUDAMA

An-Nudama

La maison est Al-Munya. La compagnie des fondateurs est An-Nudama. Les deux noms ne se confondent pas : l’une est le corps bâti, l’autre la compagnie à nombre fermé des fondateurs.

Les quatre-vingt-dix-neuf fondateurs

An-nudamāʾ (الندماء) sont les compagnons de table ; au singulier, nadīm. Dans ce projet, An-Nudama désigne les quatre-vingt-dix-neuf fondateurs : un corps distinct, avec une caisse propre, qui finance la maison de formation. Ce n’est pas une maison, et il n’a pas voix dans les délibérations.

Le nom a aussi une histoire sicilienne. À la cour des émirs kalbites, puis à celle de Roger II, le nadīm était le compagnon de table du prince, versé dans la poésie, la musique, parfois la médecine, et surtout dans la conversation ; et le majlis du soir était le lieu où cette amitié gardait les vers. Ibn Ḥamdīs de Syracuse en est la voix la plus connue.

Le salon de la Munya.

Les armoiries

La compagnie porte les siennes, seule scène nocturne d’une série qui compte par ailleurs des portes, des cours et des jardins : une chambre le soir, un brasero allumé sous l’arc, des étoiles d’argent sur la voûte et dans les grilles des fenêtres, un soubassement de zellige.

Ce qu’elle fait, ce qu’elle ne fait pas

Elle porte le commencement

Elle réunit ceux qui soutiennent la maison au moment où une part d’entrée compte davantage qu’une aide régulière.

Où logent ses membres

Lorsqu’ils viennent, ils sont reçus dans Al-Munya, à Dar al-Diyafa, la maison de l’hospitalité, et ils acquittent la quote-part comme les autres hôtes.

Elle ne gouverne pas le Riad

Le règlement de la maison de formation confie ses décisions au majlis al-umanāʾ et ses litiges à la hayʾat at-taḥkīm. An-Nudama ne siège dans aucun des deux, et la séparation est écrite dans les statuts plutôt que laissée aux usages.

Pourquoi cette séparation tient

Une maison qui forme des jeunes gens et qui dépend de ceux qui la financent finit par enseigner ce qui plaît à ceux qui la financent.

La distance entre les deux corps est ce qui permet aux fondateurs d’être généreux sans devenir un pouvoir, et à la maison de recevoir sans se déformer.

Ce que le fondateur obtient, en somme : une maison qui existe, une place à sa table quand il vient, et le droit de dire qu’il y était au commencement — sans vote sur la vie commune.

Les mots de cette page sont dans le glossaire commun ; les œuvres citées dans les sources ; les maisons du pacte sont Riyāḍ al-Uns et Al-Funduq aṣ-Ṣiqillī.

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