Maîtres et personnel recherchés
Ces postes s’adressent à des maîtres et professionnels salariés plutôt qu’à des résidents : ils viennent transmettre leur art ou faire fonctionner la maison, sans entrer dans le cercle de la résidence. Pour les maîtres de métier (maalem), la mission dépasse l’enseignement technique : transmettre un geste, c’est transmettre une manière d’être dans le métier — la même exigence que celle que porte la futuwwa.
Chaque maître dispose de son propre atelier, équipé, avec des ṣāniʿ motivés prêts à recevoir ce qu’il a à transmettre. Quand un atelier de la médina ferme faute de repreneur, Riad Al-Uns peut offrir à son matériel — et à son savoir — une seconde vie.
MÉTIERS DE LA MAIN
Maîtres artisans recherchés
Priorité à la transmission — un maalem par discipline, engagé dans la durée.
Maître sellier (sarrāj) — selle, harnachement, maroquinerie. Noyau initial
Maître dinandier-forgeron (ṣaffār) — cuivre, laiton, fer forgé. Noyau initial
Maître menuisier-ébéniste (najjār) — cèdre, plafonds, bois tourné. Noyau initial
Maître relieur (mujallid) — reliure, restauration, dorure du cuir, et le khaṭṭ maghribī du calligraphe.
Maître tisserand (nassāj) — soie, fil d’or, tirāz, broderie et passementerie.
Maître potier et zallāj (fakhkhār) — terre et four, coupe et pose du zellige selon la tradition mérinide.
Maître plâtrier (jabbāṣ) — plâtre sculpté (gebs) sur mur frais, muqarnas.
Maître parfumeur (ʿaṭṭār) — distillation, essences, savons ; et le laboratoire des confitures du verger.
→ Les métiers de la main
CORPS, VERBE ET SON
Maîtres de discipline recherchés
Maître de musique andalouse (al-âla) — oud, ney, chant, répertoire de la nouba.
Maître de taḥṭīb — art égyptien du bâton.
Shaykh al-malḥūn — parole chantée des corporations.
Maâlem gnawa — guembri, qraqeb, transmission des confréries.
Maître de Muṣāraʿa — lutte traditionnelle.
Maître de tir à l’arc (rimāya).
Maître d’équitation (furūsiyya).
Maître d’escrime traditionnelle (sayf wa-l-turs).
Maître de zūrkhāne (javānmardi) — mīl, sang, kabbāde.
AUTRES RÔLES
Ce qui fait vivre la maison
Au-delà des maîtres, une maison de résidence a besoin de fonctions essentielles au quotidien. Les tâches courantes — entretenir sa chambre, faire la vaisselle, servir à table, veiller sur certains espaces communs — reviennent aux résidents eux-mêmes ; le reste demande une présence salariée régulière. Ces postes sont extérieurs à la résidence : la règle tient en une phrase — qui vit ici n’est pas payé, qui est payé ne vit pas ici. Voir At-Tadbir.
Responsable de la cuisine commune
Agronome consultant — les orangers et le verger, quelques visites par an
Cabinet comptable extérieur — écritures et fiscalité, sans aucun rôle dans la maison
Responsable communication et site web
Personnel d’entretien (2 ou 3 postes) — cuisine, plomberie, électricité et gros entretien ; ouverts de préférence à des jeunes en difficulté en recherche de travail
Intendant (wakīl) — économie de la maison et des chambres
Farnatchi — l’homme du feu du hammam
Maître tailleur (khayyat) — coupe et réparation du vêtement de la maison, avec l’atelier du tissu et à la demande de l’intendant
Infirmier / secouriste non résident — soins de base, suivi sanitaire
Chauffeur — déplacements et livraisons
Certains de ces rôles peuvent être cumulés ou évoluer selon les compétences de la personne recrutée.
TROIS CHARGES EXERCÉES DE L’INTÉRIEUR
Le faqih, l’instructeur et le bawwab
Ces trois charges ne s’exercent pas à horaires fixes, mais demandent de vivre dans la maison et d’en partager le rythme. Le faqīh et l’instructeur reçoivent, comme les résidents, la prise en charge intégrale — nourriture, logement, vêtement et fonds de prévoyance — et non un salaire, afin que la règle tienne : qui vit ici n’est pas payé, qui est payé ne vit pas ici.

Le faqih — la leçon et l’horaire des prières

L’instructeur — une force qu’on éduque

Le bawwab — la garde du seuil
Faqih résident
Il assure les leçons de doctrine — Coran, fiqh, ʿaqīda — et règle l’horaire des cinq prières. Il réside dans la maison : ce qui se transmet passe autant par les repas et les silences partagés que par les leçons, et un enseignant qui vient à l’heure dite ne forme personne. Il dort à la chambrée, dans un lit semblable aux autres, et prend les mêmes tours de service et de ménage que les apprentis ; la maison ne lui réserve qu’une cellule d’étude attenante à la khizāna, où il prépare ses leçons et reçoit celui qui a une question à poser hors de la compagnie.
Sa charge est l’horaire et l’enseignement, non le gouvernement de la maison : il ne décide pas des admissions, n’arbitre pas les différends entre résidents et ne détient aucun pouvoir de sanction. Son autorité vient de ce qu’il sait. La maison le cherche jeune — proche en âge de ceux qu’il enseigne, capable de vivre parmi eux —, formé au fiqh mālikite et à la ʿaqīda ashʿarite, à l’aise avec la tradition musicale et confrérique marocaine, pour un mandat de quelques années renouvelable.
Il vit la journée de la maison comme les autres : il s’entraîne avec eux, monte à cheval, fréquente le hammam commun et mange à la table commune, car une charge qui s’exempterait des disciplines produirait la classe de clercs que la maison n’a pas. Il n’enseigne toutefois aucune discipline du corps, les deux registres restant distincts.
Instructeur de préparation physique
Il conduit l’entraînement quotidien du corps et prépare les résidents aux disciplines de la maison — musāraʿa, tir à l’arc, zūrkhāne. Le mot riyāḍa désignait d’abord le dressage du cheval avant de nommer l’exercice du corps : la racine est celle-là même qui donne riyāḍ. On y entend ce qui est attendu — une force qu’on éduque, non qu’on exhibe.
Il s’agit de rendre ces jeunes hommes réellement forts : un dos, des mains et un souffle qui soutiennent une journée d’atelier et une vie entière. Force utile, donc, et non silhouette : la salle d’entraînement sert le métier et les disciplines, jamais le miroir. Un instructeur qui exige, qui pousse, qui relève celui qui renonce — et qui sait où s’arrête l’exercice.
La charge demande une présence physique que les résidents reconnaissent d’eux-mêmes : à cet âge, l’autorité passe par le corps avant de passer par la parole, et un instructeur que l’on ne cherche pas à égaler n’obtient rien. La tradition a un nom pour cet homme — le pahlavān, le champion du zūrkhāne, qui est tenu en honneur pour la droiture et la générosité avec lesquelles il en use, et non pour sa force ni pour sa carrure.
La charge s’exerce de l’intérieur : il s’entraîne avec eux, partage la salle, le hammam et les espaces communs, et vit au rythme de la maison. Comme les autres, il est proche d’eux par l’âge.
Elle s’exerce quelques années, renouvelables, comme celle du faqīh, parce qu’un ascendant permanent cesse d’être une pédagogie. Elle s’adresse à toute la compagnie et jamais à un homme en particulier : la maison ne connaît pas d’élève préféré, et l’instructeur qui aurait besoin qu’on lui reste autour n’a pas sa place ici. L’entrée se décide sur une saison vécue dans la maison et jamais sur un entretien, au terme de laquelle la table donne son avis, comme pour quiconque s’assied parmi eux.
Bawwab
Cette charge ne se demande pas : elle est exercée par un résident, choisi parmi les plus avancés dans les disciplines du corps. Garder la porte est son travail et sa contribution à la maison, comme un autre a la sienne à l’atelier. Ce qu’il fait au seuil est décrit dans Seuil et chambres.

CANDIDATER
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Les mots de cette page sont dans le glossaire commun ; les œuvres citées dans les sources ; la maison sœur est Al-Funduq aṣ-Ṣiqillī.

