كُلُّكُمْ رَاعٍ وَكُلُّكُمْ مَسْؤُولٌ عَنْ رَعِيَّتِهِ، وَالرَّجُلُ رَاعٍ عَلَى أَهْلِ بَيْتِهِ وَهُوَ مَسْؤُولٌ عَنْهُمْ
« Chacun de vous est un berger, et chacun de vous est responsable de son troupeau ; l’homme est berger de sa maison, et il en est responsable. »
Tradition prophétique — Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, n° 893 ; Ṣaḥīḥ Muslim, n° 1829
Honorer une femme, élever des enfants, transmettre un métier et tenir parole : c’est le même mouvement que celui de l’apprentissage. La tradition le dit (Jāmiʿ al-Tirmidhī, n° 3895) : les meilleurs d’entre vous sont ceux qui se comportent le mieux envers leur famille. La communauté du Riad s’inscrit dans cette logique.
وَمِنْ آيَاتِهِ أَنْ خَلَقَ لَكُم مِّنْ أَنفُسِكُمْ أَزْوَاجًا لِّتَسْكُنُوا إِلَيْهَا وَجَعَلَ بَيْنَكُم مَّوَدَّةً وَرَحْمَةً
« Parmi Ses signes : Il a créé pour vous, de vous-mêmes, des épouses,
afin que vous trouviez auprès d’elles le repos ; et Il a mis entre vous affection et tendresse. »
Coran, sourate al-Rūm 30:21
Dans les corporations artisanales du Maghreb traditionnel, le métier se transmettait rarement hors de la famille : le fils héritait du geste de son père en même temps que de son nom. La futuwwa ne séparait pas l’atelier du foyer — elle les tenait ensemble, comme une seule chaîne de transmission.
L’homme qui sort de la formation est préparé à devenir le pilier d’une maison : capable de travailler de ses mains, de tenir la parole donnée, de protéger et de transmettre.
Pendant les années de résidence, la promesse de mariage (al-khitbah) conclue par les familles en est la preuve vive : l’apprenti peine à la forge ou à l’établi déjà tourné vers l’épouse et le seuil de son propre foyer. Dans le parloir de la maison, et nulle part au-delà, cette rencontre est gardée.
Ce n’est donc pas une maison d’hommes qui se tiennent à l’écart des femmes. Le célibat dure le temps de la formation, et la formation est ordonnée au mariage : la promesse se noue entre les familles tandis que le jeune homme est encore à l’établi, la fiancée est reçue au parloir accompagnée de sa mère ou de ses proches, selon l’usage et la décence de l’ʿurf, et les noces viennent lorsqu’il est devenu maʿallem et sait tenir un atelier et une maison. Celui qui sort d’ici n’a renoncé à rien : il a appris à s’en rendre digne.