Fraîcheur naturelle
La nuit, la masse, l’ombre et l’eau — comment une maison de Fès traverse l’été sans machine, et pourquoi l’on appelle cela aujourd’hui adaptation.
« Et une ombre étendue, et une eau versée à profusion. »
Coran, al-Wāqiʿa, 56:30–31
Un climat d’amplitude
L’été de Fès n’est pas une chaleur continue, mais une alternance. Les normales de la période 1991–2020 donnent, pour juillet et août, une maximale moyenne de 35,1 °C et une minimale de 17,9 et 18,3 : un écart d’environ dix-sept degrés entre le début de l’après-midi et l’heure qui précède l’aube, dans un air qui, l’été, ne retient guère plus de la moitié de l’humidité qu’il aurait l’hiver.1 Sous une vague de chaleur, l’après-midi dépasse les quarante — le service météorologique national a relevé 46,7 °C le 13 août 2021 — mais la nuit suivante retombe, parce que l’air sec et le ciel dégagé laissent la terre rendre à l’obscurité ce qu’elle a reçu du soleil.2
Le climat de Fès-Saïss, normales 1991–2020
C’est ce couple, nuit froide et air sec, qui décide de tout. Une maison bâtie sous un tel climat n’a pas à combattre la chaleur : il lui suffit de traverser le jour sur la fraîcheur de la nuit précédente. L’épaisseur des murs, la profondeur de la cour, l’heure à laquelle on ouvre et celle à laquelle on ferme découlent de cette seule phrase, et le reste de la page ne fait que la déployer.
Le cadre dans lequel il faut la lire, cependant, n’est plus celui du siècle dernier. L’année 2024 a été la plus chaude jamais enregistrée au Maroc, d’un degré et demi au-dessus de la normale, et la septième année consécutive de sécheresse ; les degrés-jours de refroidissement croissent de trois et demi pour cent par an, et la part des ménages qui possèdent un appareil de refroidissement, de neuf pour cent en 2015, pourrait atteindre la moitié d’ici 2030.3 Dans le monde, les climatiseurs et les ventilateurs absorbent déjà un dixième de l’électricité produite, et leur nombre est appelé à tripler d’ici le milieu du siècle.4 Une maison qui s’en passe n’est pas une curiosité : c’est le cas que la littérature sur l’adaptation recherche, et c’est pourquoi elle mérite d’être décrite avec exactitude.
Ce que la maison prend à la nuit
La maison dispose déjà de son instrument, qui est la masse. Des murs de pisé, de pierre et de brique épais d’un demi-mètre et plus, des voûtes, des sols de marbre et de zellige, des pièces hautes de trois à cinq mètres selon l’usage ancien : plusieurs dizaines de tonnes de matière qui changent de température avec lenteur et rendent en retard ce qu’elles ont reçu. L’étude la plus récente sur un riad de la médina — le Riad Sidi Kjij, analysé par Rime El Harrouni et Mouhcine Benaicha avec leurs collègues de Mons et de Rabat — calcule pour les murs une transmittance de 0,49 W/m²K, sous le seuil que le règlement thermique marocain fixe pour la zone de Fès, et un déphasage de l’onde thermique d’environ douze heures à travers le pisé : la chaleur de midi parvient à l’intérieur quand il fait déjà nuit dehors, et trouve la maison ouverte et prête à la dissiper.5 Les auteurs préviennent qu’il s’agit d’une analyse fondée sur le calcul et sur des indices de confort, non d’un suivi de plusieurs années ; l’avertissement vaut ici aussi, et on le garde.
Vingt-quatre heures d’été : dehors, dans la cour, dans la chambre
L’hiver, on charge cette masse par le feu, et c’est le principe du poêle à accumulation et du sol chauffé du hammam, décrits ailleurs. L’été, on la charge par la nuit. Les ouvertures se font grandes après le coucher du soleil et jusqu’à l’aube, l’air froid balaie les pièces et refroidit les parois, le marbre et les voûtes ; puis, au matin, on ferme — volets, portes, moucharabiehs — et l’on ne rouvre pas. La maison passe l’après-midi sur sa réserve, et l’écart entre le pic de chaleur du dehors et celui du dedans se compte en heures.
La manœuvre : la maison ouverte la nuit, fermée le jour

La proportion décide avant les matériaux
De tout ce qui rafraîchit une cour, l’ombre vient en premier, et de loin. Ceux qui ont mesuré ces cours parviennent au même classement : la hauteur des murs qui les entourent pèse plus que la masse, que la couleur des parois et que la conductivité des matériaux, et l’on ne rattrape pas par un enduit ce que l’on a perdu en dessinant une cour trop large. La règle que les maçons gardent en tête est ancienne et tient en une ligne : tant que les murs sont plus hauts que la cour n’est large, la cour reste plus fraîche que l’extérieur ; dès que la cour s’élargit au-delà de la hauteur des murs, elle devient plus chaude. Le seuil a été vérifié dans le désert du Néguev par Yair Etzion, et repris pour la maison marocaine par le groupe d’El Harrouni, qui recommande des cours allongées du nord au sud avec un rapport entre hauteur et largeur supérieur à deux.6
L’école de Séville, qui mesure depuis une décennie les cours de l’Andalousie occidentale, va au-delà du seuil et en donne les degrés. Dans les cours de Cordoue, la température s’est révélée jusqu’à 8,4 °C plus basse qu’à l’extérieur lors d’un été ordinaire et jusqu’à 13,9 °C lors d’une vague de chaleur ; à Séville, l’écart entre l’extérieur et la cour s’est mesuré entre 10,5 et 14,4 °C selon la géométrie, avec une réduction du besoin de refroidissement de huit à dix-huit pour cent ; et une toile tendue au-dessus de la cour porte un écart de trois degrés à plus de douze.7 De ces mesures, Carlos Rivera-Gómez et ses collègues ont tiré la notion de tempering potential, le pouvoir tempérant de la cour, qui croît avec la chaleur extérieure et avec la profondeur de la section : pour les climats les plus chauds, ils recommandent des rapports supérieurs à trois.8
La proportion de la cour et l’ombre que l’on obtient par le dessin
D’où une cour profonde plutôt que large, et une galerie qui en fait le tour. La galerie n’est pas un ornement : elle tient portes et fenêtres hors du soleil tout l’été et offre, l’hiver venu, un chemin sec d’un bout à l’autre de la maison les jours de pluie. Une même pièce d’architecture pour les deux saisons, qui est la signature de ces maisons.

Lecture
Le climat de Fès-Saïss, normales 1991–2020. La bande entre les moyennes des maximales et des minimales est l’amplitude journalière : en juillet et en août elle atteint environ 17 °C (35,1 contre 17,9–18,3), tandis que l’humidité relative descend à 55–57 %. C’est ce couple — nuit froide, air sec — qui fait de la masse et de la ventilation nocturne une stratégie et non une image. Les pluies (488 mm par an) tombent presque toutes entre octobre et avril : une donnée pour la citerne, non pour la fontaine. Source : normales OMM 1991–2020 de la station Fès-Saïss (60141), NOAA/NCEI. Record : 46,7 °C le 13 août 2021 (DGM).
Vingt-quatre heures d’été : dehors, dans la cour, dans la chambre. La courbe extérieure est la journée type de juillet (18 → 35 °C). La cour suit avec une amplitude réduite et un léger retard ; la chambre, protégée par la masse, oscille de quelques degrés et atteint son maximum quand, dehors, le soleil est déjà couché. Les heures ouvertes (nuit) et fermées (jour) sont marquées en bas. Ce que cela ne démontre pas : les courbes de la cour et de la chambre sont un schéma, non une mesure du Riad, qui n’existe pas encore. Les ordres de grandeur viennent de l’Alhambra (patio environ 3 K plus frais, salles 6–11 K, retard d’au moins 4 heures : Jiménez Alcalá 1999) et des cours de Cordoue et de Séville (8–14 °C les jours les plus chauds : Diz-Mellado et al. 2021, 2023). La première vraie mesure sera celle de la maison.
La manœuvre : la maison ouverte la nuit, fermée le jour. La même coupe en deux états. La nuit, les murs, qui ne reçoivent plus le soleil, rayonnent vers le ciel clair (40–80 W/m² nets dans des conditions typiques : Zhao et al. 2019) et cèdent la chaleur accumulée ; l’air à leur contact se refroidit, devient plus dense et remplit la cour par le bas, qui se comporte en réservoir avant de se comporter en cheminée. Le jour, la maison se ferme et vit sur sa réserve. L’hiver, la manœuvre s’inverse. Le point pour la page : ce n’est pas un automatisme mais une discipline, tenue par quelqu’un chaque jour de l’été — et c’est là qu’une maison habitée par une communauté a un avantage structurel sur une maison de vacances.
La proportion de la cour et l’ombre que l’on obtient par le dessin. Géométrie pure, latitude de Fès (34° N) : le modèle calcule la hauteur et l’azimut du soleil et, à partir de là, l’ombre que les quatre murs projettent sur le sol d’une cour rectangulaire ; la coupe montre la composante est–ouest, le chiffre en plan tient compte aussi du mur du midi. La courbe du second cadre donne la fraction d’ombre au long de la journée pour le rapport (AR) choisi ; les deux repères marquent le seuil d’Etzion (AR ≈ 1 : la cour reste plus fraîche que l’extérieur quand les murs dépassent sa largeur) et la recommandation de l’école de Séville (AR > 3 pour les climats les plus chauds : Rivera-Gómez et al. 2019). Ce que cela ne démontre pas : l’ombre n’est pas la température ; l’écart thermique mesuré dépend aussi de la masse, de la couleur, du vent et de l’eau. Mais l’ordre des causes est celui-ci : d’abord l’ombre, puis tout le reste.
Une réserve de fraîcheur, non une cheminée
On décrit volontiers la cour comme un tirage, où l’air chaud monterait pour s’échapper par le haut. C’est vrai à certaines heures et trompeur comme description générale. Ce qui se passe la nuit est l’inverse d’un tirage : les parois, qui ont cessé de recevoir le soleil, rayonnent vers le ciel — par une nuit claire et sèche, la surface perd vers l’espace, en net, entre quarante et quatre-vingts watts par mètre carré — et se refroidissent ; l’air à leur contact se refroidit à son tour, devient plus dense et descend.9 La cour se remplit par le bas d’un air plus froid que celui des terrasses et il y demeure, stratifié, jusqu’à ce que le soleil l’atteigne. La cour est un réservoir avant d’être un conduit.
Le jour, la même géométrie demande à être tenue fermée. Multiplier les ouvertures sur l’extérieur ne fait pas mieux respirer une cour, mais y fait entrer l’air chaud ; aux heures les plus dures, une cour fermée se comporte mieux qu’une cour ouverte, ce qui explique la façade aveugle sur la ruelle, qui n’est pas seulement une affaire de pudeur.
La manœuvre
Tout cela est une manœuvre, non une image, et l’hiver on la fait à l’envers, en ouvrant le jour et en fermant la nuit. Une maison ancienne habitée comme une maison moderne — fenêtres ouvertes l’après-midi, fermées le soir — perd exactement le bénéfice pour lequel elle a été bâtie. C’est la première chose que la maison enseignera à qui y entre, et c’est la raison pour laquelle une communauté qui vit dans la maison toute l’année a, sur la fraîcheur, un avantage qu’aucune installation ne procure : quelqu’un qui ouvre et ferme aux bonnes heures, chaque jour de l’été, sans que personne en particulier en soit chargé.


Ce que Fès ne construit pas
Il existe une autre famille de solutions, et il convient de dire qu’on ne l’emploie pas. Le malqaf — le conduit qui capte le vent et le fait descendre dans la maison — appartient à l’Égypte, à l’Irak et au Levant ; le bādgīr, la tour à vent multidirectionnelle, appartient à la Perse et au Golfe. Ce sont des dispositifs admirables, et ils répondent à d’autres climats : des étés où la nuit ne rafraîchit pas assez, ou des vents dominants assez réguliers pour dresser une tour dans leur axe. Fès n’en a pas construit et n’en a pas besoin. Là où la nuit tombe de quinze ou vingt degrés sous le jour, la masse et l’ombre font le travail qu’une tour fait ailleurs, et le font sans rien ajouter au profil de la médina. La maison ne portera donc ni malqaf ni bādgīr : dire ce que l’on ne bâtit pas fait partie de la description de ce que l’on bâtit.
Ce que l’on ne promet pas
Ces maisons ont un défaut, et il est documenté : l’humidité. L’enquête nationale sur le logement de 2000 relevait des désordres liés à l’humidité dans près de la moitié des maisons traditionnelles, et dans plus d’un tiers d’entre elles des dégâts aux murs bas et aux plafonds à la saison froide ; la donnée est nationale et ne concerne pas Fès en particulier, mais rien ne laisse penser que la médina fasse exception.10 La masse qui garde la fraîcheur garde aussi l’eau, et un mur de terre que l’on ferme et que l’on chauffe à la manière moderne se dégrade plus vite qu’un mur que l’on laisse respirer.
On ne promet pas non plus un chiffre. Les mesures citées dans cette page viennent d’Andalousie et de l’Alhambra, non de Fès, où la littérature publiée est encore de calcul et non de capteurs ; la maison n’est pas bâtie, et la première mesure véritable sera la sienne. C’est pourquoi le projet prévoit, dès la première année de chantier, une campagne de suivi — température et humidité à l’extérieur, dans la cour, dans deux pièces, dans les parois — dont les données seront publiées telles quelles, sous la révision du Comité scientifique que la maison est en train de constituer. Le règlement thermique marocain demande, pour la zone de Fès, que le besoin de chauffage et de refroidissement ne dépasse pas 48 kWh par mètre carré et par an : la maison se propose de démontrer qu’une demeure du XIVᵉ siècle, habitée comme il se doit, reste au-dessous de ce seuil sans un seul compresseur.11
Et c’est pourquoi rien ici ne relève de l’automatisme. La maison n’aura pas de climatisation mécanique, mais elle aura une discipline : des heures d’ouverture et des heures de fermeture, tenues par quelqu’un, tous les jours de l’été. La fraîcheur est une œuvre quotidienne, comme le feu du hammam. Et comme le feu du hammam, on saura qu’elle a réussi le jour où personne n’en parlera plus : quand la cour sera fraîche à quatre heures de l’après-midi sans que nul ne se demande pourquoi.
La bonté de l’air
Dans le chapitre de la Muqaddima consacré à ce qu’il faut observer dans la fondation des villes, Ibn Khaldūn place la bonté de l’air parmi les premières conditions, et en donne la raison avec la simplicité de qui a vu des villes tomber malades :
« Parmi ce qu’il faut observer, pour se protéger des maux qui viennent du ciel, est la bonté de l’air, afin de se préserver des maladies : car si l’air est stagnant et malsain, ou voisin d’eaux corrompues, la putréfaction s’y propage vite. »
Ibn Khaldūn, al-Muqaddima, livre I, chap. IV, sect. 5 (éd. Shaḥāda, Beyrouth 1988, I, p. 433). Notre traduction.
L’air qui se meut, ajoute-t-il, rompt l’air immobile. Six siècles plus tard, les objectifs de l’Agenda 2030 disent la même chose avec d’autres mots : renforcer la résilience aux risques climatiques, doubler le rythme de l’efficacité énergétique, construire avec des matériaux locaux, protéger le patrimoine, éduquer à l’adaptation.12 La maison à cour ne les anticipe pas ; elle les avait déjà rationalisés, parce qu’elle naissait dans une rareté qui s’appelait alors mesure. Ce que cette page propose est seulement de la mesurer à nouveau, avec les instruments d’aujourd’hui, et de dire les chiffres.
Normales climatiques 1991–2020, station Fès-Saïss (OMM 60141) : maximales moyennes de juillet et août 35,1 °C, minimales 17,9 et 18,3 °C, humidité relative 55,4 et 56,8 %, précipitations annuelles 487,7 mm. ↑
Direction Générale de la Météorologie, communiqué du 17 août 2021 : 46,7 °C à Fès le 13 août 2021. La valeur « 46 °C en juillet 2017 » de la page précédente n’a pas trouvé confirmation et a été retirée. ↑
DGM, bilan climatique 2024 (+1,49 °C sur la normale 1991–2020 ; septième année de sécheresse) ; AIE, National Climate Resilience Assessment for Morocco, 2023. ↑
AIE, The Future of Cooling, 2018 : environ 10 % de l’électricité mondiale ; parc de 1,6 à 5,6 milliards d’appareils en 2050. PNUE, Global Cooling Watch 2023 : le refroidissement passif peut éviter 1,3 Gt CO₂e et freiner de 24 % la croissance de la demande en 2050. ↑
R. El Harrouni, M. Benaicha, I. M. Benkirane, V. Becue, « Bioclimatic assessment and thermal comfort of traditional Riads in Fez Medina », Results in Engineering 29 (2026), 108889. U parois 0,49 et toiture 0,51 W/m²K ; déphasage ≈ 12 h ; méthodes Mahoney, Givoni, ISO 7730, RTCM. ↑
Y. Etzion, « The thermal behaviour of non-shaded closed courtyards in hot-arid zones », Architectural Science Review 33 (1990), pp. 79–83, cité dans K. El Harrouni, M. Ben Aicha, R. El Harrouni, « Parametric modelling and traditional architecture », MATEC Web of Conferences 149 (2018), 02051 ; sur le rapport > 2 en direction N–S, El Harrouni et al. 2026 (note 5). ↑
E. Diz-Mellado et al., « Extending the adaptive thermal comfort models for courtyards », Building and Environment 203 (2021), 108094 (Cordoue : −8,4 °C et −13,9 °C) ; E. Diz-Mellado et al., « Unravelling the impact of courtyard geometry on cooling energy consumption in buildings », Building and Environment 237 (2023), 110349 (Séville : 10,5–14,4 °C ; −8/−18 %) ; V. P. López-Cabeza, C. Galán-Marín, C. Rivera-Gómez, « Thermodynamic performance enhancement of courtyards using a shading device », Proceedings 38 (2020), 17. ↑
C. Rivera-Gómez, E. Diz-Mellado, C. Galán-Marín, V. López-Cabeza, « Tempering potential-based evaluation of the courtyard microclimate as a combined function of aspect ratio and outdoor temperature », Sustainable Cities and Society 51 (2019), 101740. ↑
D. Zhao et al., « Radiative sky cooling : fundamental principles, materials, and applications », Applied Physics Reviews 6 (2019), 021306 : 40–80 W/m² nets la nuit par ciel clair ; la vapeur d’eau réduit la valeur. ↑
Royaume du Maroc, Enquête Logement 2000, Observatoire de l’Habitat, citée dans El Harrouni, Ben Aicha, El Harrouni 2018 (note 6). ↑
Règlement thermique de construction au Maroc, décret n° 2-13-874 du 15 octobre 2014, zone Z3 (Fès) : besoin ≤ 48 kWh/m²·an pour le résidentiel ; valeurs lues sur la version simplifiée, à vérifier au Bulletin Officiel. ↑
Cibles 13.1, 7.3, 11.c, 11.4, 13.3 de l’Agenda 2030 (sdgs.un.org). ↑
Le Comité scientifique
Les affirmations de ces pages — sur le climat, sur l’eau, sur les matériaux — seront lues, corrigées et, s’il le faut, démenties par la révision scientifique indépendante que les deux maisons constituent à partir des premières mesures : un seul Comité pour Fès et pour Raguse, dont les compétences sont décrites sur al-mithaq.org. Y siégeront des chercheurs du microclimat des maisons à cour, de l’hydraulique et du droit de l’eau en al-Andalus, de l’architecture vernaculaire du Maroc. Le Comité ne parraine pas le projet : il en fixe le programme de mesure, en lit les données quand elles existeront, et a la liberté de dire publiquement qu’une chose ne fonctionne pas. Les noms seront publiés avec le consentement de chacun, quand le Comité sera constitué ; qui voudrait y contribuer, ou signaler une erreur dans ces pages, peut nous écrire.
Ce que la maison faisait déjà, dit dans la langue d’aujourd’hui
Aucune cible de l’Agenda 2030 ne nomme le refroidissement ; les quatre qui suivent décrivent, dans la langue d’aujourd’hui, ce que la maison à cour faisait par nécessité. Les climatiseurs et les ventilateurs absorbent environ 10 % de l’électricité mondiale et leur parc passera de 1,6 à 5,6 milliards d’appareils d’ici 2050 (AIE 2018) ; le refroidissement passif peut à lui seul freiner de 24 % la croissance de la demande (PNUE 2023).
Levier de la maison — cible de l’Agenda 2030 :
Masse, cour profonde, galerie, manœuvre nuit/jour — 7.3 — doubler le taux d’amélioration de l’efficacité énergétique · 13.1 — renforcer la résilience aux risques climatiques
Pisé, brique, chaux et bois de la médina ; chantier confié aux maîtres locaux — 11.c — bâtiments durables et résilients en matériaux locaux · 12.2 — utilisation efficace des ressources naturelles
Restauration d’une demeure de la médina, patrimoine mondial depuis 1981 — 11.4 — sauvegarder le patrimoine culturel et naturel
La manœuvre enseignée à qui entre ; les mesures publiées ; le Comité scientifique — 13.3 — éducation et capacités sur l’adaptation · 3.d — réduction des risques sanitaires liés à la chaleur extrême
Les mots de cette page sont dans le glossaire commun ; les œuvres citées dans les sources ; la maison sœur est Al-Funduq aṣ-Ṣiqillī.

