L’équitation
La furūsiyya en son sens premier : le cheval, avant l’arc et l’épée.
Le mot furūsiyya (فروسية) vient de faras (فرس), le cheval : au sens le plus strict, avant la lutte, l’arc ou l’épée, la furūsiyya désigne l’équitation elle-même. C’est la première et la plus ancienne des disciplines chevaleresques arabo-islamiques, celle qui donne son nom à toutes les autres.
الخَيْلُ مَعْقُودٌ فِي نَوَاصِيهَا الْخَيْرُ إِلَى يَوْمِ الْقِيَامَةِ
« Le bien reste noué à la crinière des chevaux jusqu’au Jour de la Résurrection. »
Tradition prophétique (Bukhārī, n° 2850)
Les traités classiques de furūsiyya, systématisés en particulier sous les Mamelouks, enseignaient l’assiette, la conduite et le soin du cheval avant le combat monté : la même progression que Dar al-Hiraf applique aujourd’hui, le corps, puis le cheval, puis l’arme.
Où l’on monte

La médina n’a pas de place pour les chevaux. Les bêtes sont hors les murs, dans un manège ou une écurie de tbourida de la région de Fès, et les résidents s’y rendent à jours fixes. La première année, on apprend le soin : panser, nourrir, mener à la main, reconnaître la boiterie et la fatigue. Vient ensuite l’assiette, au pas et au trot, et seulement après le galop.
Ce que l’on met sur le cheval représente ce que la maison dispose autour de l’homme. L’ʿudda (mors, selle, cuir, métal, tissus de parade) est le point où plusieurs métiers se rencontrent. Une seule œuvre de haute sellerie demande le maʿallem du cuir, celui du fer et de la ciselure, celui du textile. Travail sur commande, pour qui sait le reconnaître : une pièce que l’on commande parce qu’elle dure, et que l’on montre parce qu’elle honore celui qui l’a faite.
Le détail de chaque pièce, et sa figure pour le caractère, sont développés dans Al-Udda, le harnachement→.
Voir aussi La furūsiyya→.
Les mots de cette page sont dans le glossaire commun ; les œuvres citées dans les sources ; la maison sœur est Al-Funduq aṣ-Ṣiqillī.



